
Il manquait un post de conclusion à notre voyage. Nous avons délibérément choisi de ne pas le faire à chaud. Voici exactement 1 mois que nous sommes rentrés.
Nous rentrons, après plusieurs heures de marche, dans la chaleur et nous jetons illico dans la piscine.
Notre activité demain ne devrait pas être bien différente, jusqu'à l'heure de prendre l'avion en fin d'après-midi.
Bentota ne nous a vraiment pas plû par son ambiance de prédation pertétuelle du touriste à délester de ses roupies. C'est ce qui nous a poussé à anticiper notre départ d'une journée. Seul point sympa: les tortues.
Vu que la gare n'est qu'à 100 mètres de l'hôtel, nous décidons de prendre le train pour une fois. L'heure d'arrivée du train approche à grands pas, mais toujours pas l'ombre d'un guichetier. Une famille de sri lankais est aussi inquiète que nous. L'heure de passage prévu, arrive, mais pas plus de train que de guichetier. La famille part à la pêche aux informations mais n'obtient rien de très clair. Le train de 11h est peut-être en retard ou peut-être comme c'est jour de Poya (Jour de pleine lune férié), n'y en a-t-il pas. Évidemment, ce n'est indiqué nulle part. Au bout de 30 minutes de vaine attente, nous prenons la direction de la route principale, et au bout d'à peine 5 minutes, nous sommes dans un bus direction Colombo (130 Rs). Vive le bus !!
A Colombo, nous changeons de bus pour Négombo. Le bus se traine et à l'arrivée nous nous faisons entuber de 400Rs pour ce simple trajet. Décidément, c'est pas notre jour.
Nous arrivons à l'hôtel que nous avons réservé la veille pour nos deux dernières nuits au Sri Lanka. Nous avons opté pour un établissement de catégorie supérieure à nos habitudes: Villa Araliya (50€ petit-déj inclus). Quelle bonne idée!
La piscine est extra, et la chambre vraiment belle.
Nous nous posons les sacs et plongeons directement dans la piscine.
Ça fait du bien de terminer la journée sur une note positive.
Nous utilisons la technique habituelle: « Coucou le bus » sur le bord de la route. Nous attrapons un mini-bus express sur-climatisé (une bonne pneumonie en perspective) en direction de Colombo, qui nous dépose en deux heures à Bentota (200 Rs). Immédiatement, nous sommes repérés par un rabatteur. Ça tombe bien, nous n'avons rien de prévu. Nous nous installons au Luculus Garden (2000 Rs avec petit-déjeuners), près de la gare, à 3 minutes de la plage.
Bentota, c'est une station balnéaire plus orienté vers les groupes en voyage organisé. A priori, rien pour nous attirer. A peine nos sacs posés, nous filons repérer la plage. C'est une très longue plage de sable fin doré avec, contrairement à Mirissa, beaucoup de largeur de sable sec pour poser sa serviette. Mais bizarrement, pas une seule serviette à l'horizon. En effet, sur notre gauche, des sri lankais (qui se baignent habillés), et sur notre droite, une poignée de touristes bien blanc et blonds qui se baladent en évitant de trop s'approcher de la gauche.
En effet, pour accueillir les groupes, tout un côté de la plage est bordé de complexes hôteliers haut de gamme, avec grilles et vigiles, on n'est jamais trop prudent. Et comme en plus, ils ont tous des piscines, pas la peine de s'aventurer sur le sable. Par contre, quand nous nous promenons sur la plage, nous avons l'impression d'avoir une cible sur le dos: tous les 10 mètres on essaye de nous vendre quelque chose (excursion, fruits, bijoux...). C'est un peu pénible. On commence en plus toujours par nous demander si nous sommes allemands, ou norvégiens (ça en dit long sur la clientèle). Franchement, avec ma peau mate et mes cheveux bien bruns, et Sabrina avec ses jambes épilées, on a vraiment l'air de germains??? De démarcheur en démarcheur, nous finissons par dégotter pour demain matin l'excursion (exploration en bateau de la mangrove du fleuve Bentota Ganga) qui nous intéresse à un prix défiant toute concurrence (3200 Rs prix de départ, finalement 1500Rs). Nous verrons bien demain ce que nous aurons pour ce prix.
En fin d'après-midi, nous nous rendons à l'autre point d'intérêt qui nous a amené ici: un centre d'élevage de tortues. Il s'agit de centres qui récupèrent les œufs de tortues fraichement pondus sur les plages, afin de les protéger jusqu'à éclosion. Il y 5 espèces de tortues marines qui pondent au Sri Lanka, dont la célèbre tortue luth. C'est une visite très sympa et instructive, au cours de la quelle nous voyons les petites tortues de quelques jours en attente d'être relâchées, et quelques tortues handicapées qui vivent dans les bassins du centre. Parmi ces dernières, on notera les deux très belles tortues albinos.
Nous finissons la journée en assistant au couché de soleil sur la plage.
Avant de tenter la baignade, nous allons sur la route principale pour faire quelques achats. Nous en profitons pour déjeuner d'un rice&curry (150 Rs) vraiment pas terrible, dans une gargote un peu défraichie. Si demain nous sommes malades, nous saurons pourquoi. Sur le retour, nous achetons un énorme ananas au parfum entêtant, quelques bananes et une pastèque à déguster sur notre terrasse.
En chemins nous nous sifflons une coco jaune et en dégustons la chair tendre. Le temps se couvre en fin d'après-midi et devient menaçant. La mer est agitée, nous nous baignerons demain.
Et c'est du balcon, assis face à l'océan, que j'écris ce message.
Du coup sur le chemin nous faisons une halte photo aux chutes de Rawana Ella, où nous sommes bien sûr poursuivis pas les vendeurs de cailloux divers, et arrivons à Tissa pour 11h30, où la chaleur est nettement plus élevée qu'à Ella. Nous qui pensions en avoir pour la journée de route!!
Nous allons au Pala Hotel qui nous propose une chambre double très propre, avec ventilateur et pas chère (1750 Rs). Notre chauffeur connait bien entendu quelqu'un qui peut nous organiser notre safari dans le parc national de Yala. Il lui passe un coup de fil et 5 minutes après, le voilà.
Après négociation, il nous propose la formule demi-journée grand tour et départ à 14h30 pour 5000Rs la jeep. Nous sommes 4, et ayant précédemment discuté avec d'autres voyageurs, c'est une bonne affaire. L'entrée du parc nous coûte 9080 Rs de plus pour 4. Cela nous fait donc par couple un peu plus de 7000 Rs, c'est valable. Nous ne pensions pouvoir faire le safari que demain, ça se goupille vraiment bien.
A 14h30 pétantes, la jeep est là avec un chauffeur habillé aux couleurs de la Jamaïque, et 45 minutes plus tard nous franchissons les portes du parc.
La réserve de Yala est une vaste étendue de 127000ha de forêt sèche et d'herbages rappelant la savane africaine, avec une partie bordée par l'océan indien. La balade est magnifique, le paysage change totalement de ce que nous avons vu jusque là. On nous avait dit qu'on ne voyait pas beaucoup d'animaux, nous devons sûrement avoir de la chance, nous en croisons des tas. Bon, c'est vrai que malgré les recherches assidues de notre chauffeur, et les kilos de poussière rouge avalés, le fameux léopard de Yala restera caché. Mais nous ne sommes pas déçus. Nous croisons pas moins de 6 éléphants, des troupeaux de phacochères, des buffles, des crocodiles de deux espèces, des daims et cerfs, des mangoustes, des dizaines de paons, des pélicans, des aigles, une multitudes d'autres espèces d'oiseaux, et encore plus incroyable, un lapin! Nous retombons en enfance en cherchant les différents animaux dans le dédale de ces petits arbres tout secs. En un mot: Génial !
Nous rentrons à l'hôtel à la nuit tombée, rouges de poussière, en nous faisant arrêter par la police en chemin, car notre jeep n'a pas de feux arrière. Ça n'a pas l'air de beaucoup tracasser notre chauffeur rasta. Il nous dépose à l'hôtel et repart chercher son permis et sa contravention. Sacrée journée.
Avec le temps gagné en trajet entre Ella et Tissa, nous gagnons encore une journée sur le planning initial. Avec notre fuite prématurée de Nuwara Eliya ça en fait deux.
Qu'allons nous faire de tout ce temps? Farniente sur un plage, bien sûr!
Nous partons tranquillement vers 9h armés d'un plan tracé à la main fourni par l'hôtel. Nous nous arrêtons à la seule boulangerie du village et achetons quelques provisions. Et on y va!
La marche aller/retour se fait en environ 4 heures. La moitié de cette balade suit la voie de chemin de fer. En fait, nous marchons pendant presque 3km sur la voie. Nous ne sommes bien entendu pas les seul, nous croisons nombre de villageois qui empruntent aussi ce chemin comme raccourci. De part et d'autre de la voie, il n'y a pas beaucoup de place pour s'écarter au passage des trains. Heureusement, nous ne verrons qu'un seul train passer, il ne roule pas très vite et on l'entend arriver de très loin. Lorsque le train nous dépasse, nombre de voyageurs se penchent par les fenêtres et les portes ouvertes pour nous faire signe. Au bout d'un moment, nous quittons la voie pour nous engager sur un chemin en terre, puis passons un petit pont en bois et métal au-dessus d'une petite cascade. Des femmes lavent leur linge dans la rivière pendant que les enfant jouent dans l'eau. Jusque là tout va bien. C'est juste après que ça déconne. En effet nous loupons le petit chemin à gauche 3 mètres après le pont, et suivons un chemin le long des champs. Les paysans, habitués à voir des touristes égarés, nous abreuvent d'indications souvent contradictoires. L'idée, c'est de nous montrer ensuite le bon chemin et de nous guider moyennant finance bien entendu. Mais nous sommes têtus et suivons notre sens de l'orientation.
Nous nous engageons dans la forêt d'eucalyptus et grimpons tout droit vers ce qui semble être la bonne direction. Après quelques minutes de doutes, nous finissons par tomber sur le bon sentier. Enfin, après une rude montée nous arrivons au sommet de ce rocher (plutôt un petit pic). La vue qui se révèle à nous est splendide. Le temps étant encore un peu couvert, il n'y a pas de brume de chaleur pour troubler l'horizon. Le regard porte à une distance phénoménale. Nous nous demandons même si ce n'est pas l'océan qu'on devine au loin (pourtant à 90km de là). Nous nous installons sur le promontoire rocheux et restons là pendant deux heures, pendant lesquelles nous déjeunons, discutons avec les promeneurs qui passent et surtout, profitons de la vue. A la descente nous nous égarons encore un peu dans une plantation de thé, mais retrouvons finalement le chemin que nous aurions dû prendre à l'aller.
Le ciel s'est enfin dégagé et tout de suite la chaleur monte. Heureusement, qu'il faisait gris pour la montée. Nous revenons par les voies concentrés sur nos pas, car les traverses sont posées de manière assez irrégulières.
Oh P....n!!!!! A trois pas devant nous, un serpent de deux bons mètres de long est en train de bronzer entre les rails. Il lève la tête et l'air aussi surpris que nous, file aussitôt. N'empêche qu'il m'a fichu une bonne frousse.
Pour nous remettre de ces émotions nous nous régalons de jus de fruits frais. Nous partons ensuite à la recherche d'infos sur le passage des bus. Demain nous quittons Ella, pour Tissamaharama, et ça risque d'être compliqué.
Bilan de notre séjour à Ella: Les gens sont un poil moins gentil qu'ailleurs et c'est plus intéressé. C'est très touristique mais c'est surtout très beau. Nous avons beaucoup apprécié cette étape et ne regrettons pas d'être venus.
Nous partons ensuite à l'ascension du little Adam's Peak, une grosse colline proche d'Ella. La promenade est facile et traverse une plantation de thé. Il fait beau et chaud, ça change de notre précédente, nous suons à grosses gouttes. Arrivés là-haut après 45 minutes de marche tranquille, un magnifique panorama s'offre à nos yeux.
Nous déjeunons ensuite de kotthus dans une gargote encensée par le lonely planet. Mouais, pas mauvais, mais rien d'exceptionnel.
Nous n'attendons pas que la digestion nous endorme et sautons dans un tuk-tuk (500 Rs A/R, attente comprise) pour aller visiter la fabrique de thé d'Uva Halpewatha à quelques km d'ici. La visite se révèle instructive, bien qu'un peu rapide. Dans la fabrique règne un parfum de thé entêtant. Détail amusant, même dans cet environnement « industriel », les ouvrières en uniforme sont toujours pieds nus.
A notre retour à l'hôtel, une violente averse orageuse nous dissuade de ressortir. Nous finissons donc l'après-midi en terrasse de notre chambre à bouquiner.
Et oui, c'est aussi ça les vacances.
Ce matin, nous nous levons à 5h, car le départ pour Horton Plains est prévu à 6h. A trois, ce sera un peu moins cher, puisque le prix du véhicule quel que soit le nombre de passager s'élève à 3500 Rs.
Le temps est couvert, avec pas mal de brouillard. Pendant le trajet (1h30) nous craignons que la balade soit gâchée par la météo. En arrivant à l'entrée du parc, il fait un froid de canards. Bonne surprise, pour entrer il faut s'acquitter d'un droit par personne assez élevé (environ 1700 Rs) auquel il faut ajouté un fixe, plus encore le droit d'entrée pour le véhicule. Comme nous sommes trois, c'est déjà ça de gagné. Conseil aux futurs visiteurs: essayez de remplir le véhicule au maximum. Nous pénétrons dans le parc dans le brouillard, mais au détour d'un bosquet d'arbres, oh merveille, le ciel est tout bleu. Nous démarrons donc la balade de 9km, sous un magnifique soleil, et avec une température bien agréable. La balade fait une boucle qui passe par le petit world's end, le grand world's end et les chutes de Baker. Les Horton Plains sont en fait un plateau d'altitude. Le world'end est l'extrémité Est de ce plateau, avec un à pic de 1000 mètres. La vue est magnifique. Sur le retour, aux environs de 10h, la brume refait son apparition et envahit petit à petit le plateau. Nous terminons notre balade et retournons à la voiture. Sur le chemin de la sortie nous croisons un des seules bêtes sauvages du parc: un cerf qui vient passer la tête par la fenêtre pour quémander de la nourriture. De retour à l'hôtel nous filons directement à la gare routière où nous quittons Lucile. Elle part vers Kandy, et nous allons à Ella. Pas de bol, le dernier bus direct est parti depuis 20 minutes. Seule possibilité, prendre trois bus successifs, d'ailleurs le premier part dans 5 minutes. Par miracle nous serons tout le temps assis dans chacun des bus. Les changements se goupillent parfaitement et nous arrivons à destination en 3h30. Nous faisons immédiatement le tour des hôtels pour trouver une chambre à prix raisonnable. C'est la haute saison, les prix indiqués par le Lonely Planet ont doublé. Aucun ne veut descendre sous les 3000 Rs. Après négociations, nous nous installons au Rawana Holiday Resort pour 2500 Rs, petit-déjeuner inclus.
Les derniers voyageurs rencontrés ne nous ont pas parlé en bien de Ella. Oui, ce n'est pas très « typiquement sri lankais ». Oui, il y a probablement plus de touristes que d'habitants. Mais le site, à environ 1000m d'altitude, est magnifique. Il est entouré de collines verdoyantes, et la vue vers le Ella rock et la plaine en contre-bas est terrible. On verra si après deux jours notre avis change.
En se couchant, Sabrina découvre un invité inattendu dans le lit. Un petit lézard d'à peine 3 centimètres se cache dans les replis de la couverture. Je lui fait gentiment comprendre qu'il n'est pas le bien venu, et le mets à la porte. On a pris une chambre double, pas triple, pas question de payer un supplément!